La Madone de Dangolsheim

La Madone de Dangolsheim, sculpture en bois de noyer de 1,07 mètres, mondialement célèbre, considérée comme la plus belle statue de la Vierge de la moitié du XVe siècle, est exposée au musée de Dahlen à Berlin.

Ce chef-d'œuvre de l'art alsacien est attribué à Gerhaert v. Leyden, originaire des Pays-Bas, un des plus grands sculpteurs du Nord à la fin du Moyen-Âge et qui devint citoyen de Strasbourg le 31 août 1464. C'est pendant ce séjour de quatre ans qu'il créa la Madone.

Le caractère dominant de l'art de la statue est le réalisme. Les figures sont caractérisées avec une souveraine maîtrise, au point de passer pour des portraits. Le visiteur se demande quel est l'élément qui émerge : sa grâce, la beauté exceptionnelle du style, les boucles de la chevelure, la perfection de la technique de la sculpture, le geste charmant et prit sur le vif de l'Enfant-Jésus, jouant à cache-cache sous le voile de sa mère, le regard attendri, l'expression de bonheur de la Vierge.

Nul ne sait comment la statue est arrivée à Dangolsheim. Il est peu probable que le chef-d'œuvre a été créé pour le modeste village auquel il emprunte son nom. Pour le sauver des mains sacrilèges dont la ville de Strasbourg était le théâtre, le protéger des iconoclastes, la piété d'un fidèle à dû transporter l'adorable chef-d'œuvre qui se trouvait à Strasbourg dans une église, dans le calme village. Peut-être en relation étroite avec l'œuvre Notre-Dame, Biblenheim.

Vers 1910, le commerçant d'art de Londres, Bruschwiller, l'a rachetée à un brocanteur, à qui la statue avait été cédée pour un prix dérisoire par un particulier de Dangolsheim qui l'a hébergée, lui-même en situation de misère. Le Dr Krohm, directeur du musée de Berlin, a rapporté lors d'une conférence à Dangolsheim en 1988 que Bruschwiller a vendu la sculpture à un riche collectionneur de Munich, le Dr Richard Oertel. Selon une lettre du commerçant d'art datée du 1er octobre 1912, il a cité une dame de Dangolsheim qui l'aurait reçue en 1850/1860, provenant d'un cloître de Strasbourg. En 1913, lors d'une vente aux enchères de la collection du Dr Oertel, la Preussische Skulpturengalerie, propriétaire actuelle, l'a acquise pour 55 000 marks-or. Depuis, elle est livrée à la curiosité publique.